VERONIQUES (1991-94)

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série: Les VÈRONIQUES (1991-94)

Sainte Véronique*, qui avec un linge blanc essuya le visage maculé du Christ et en conserva ainsi l’empreinte de son visage, peut être considérée comme la toute première photographe. Véronique est donc la mère de Nicéphore Niepce.
À ma façon, en réalisant la série ” Les Véroniques “, j’ai aussi ” essuyé ” des visages sur du papier photographique, sorte de ” linge ” chimique rangé dans un placard appelé ” chambre noire “. Avec la technique du monotype négatif direct, je désirai enregistrer, en continu, l’addition d’une série de mini-coups de flash couvrants chacun une petite zone du visage de mes modèles. Durant le processus, je déplaçais ou tournais légèrement leur tête avant chaque éclair. In fine, je souhaitais obtenir une recomposition déstructurée du visage. Un chiffonnage, une sorte de bougé-net.
Je demeure troublé par ces portraits négatifs, fantomatiques, bien plus chargés de mystère qu’une ordinaire photographie qui s’obstine à tout banaliser.

Récemment, un ami m’a copieusement enguirlandé pour avoir utilisé un tel titre pour cette série, comme si mes petites images ne pouvaient prétendre vraiment dialoguer avec le transcendant, le sacré. Soit, je mesure la nature bassement matérielle de mes bouts de papier, mais cet ami saurait-il admettre que mes tripatouillages photographiques me sauvent du néant, tout comme ses croyances le font ?
* Véronique vient de Vera Icona qui signifie : ” Image vraie “. À croire qu’elle ne mérita son prénom qu’une fois son exploit accompli !

Environ 20 éléments 40 x 40 cm. Monotypes directs négatifs. Epreuves au chlorobromure d’argent.Marouflés sur aluminium.

Saint Veronica mopped Christ’s bloodstained face with a piece of linen, thus preserving a portrait that may today be considered the very first photograph ever. That makes of Veronica the mother of Nicéphore Niépce.
The name Veronica comes from Vera Icona which means “true image”. as if she only earned her name once she had accomplished her mission!
In making my series of Les Véroniques, I too “mopped” faces with photographic paper, a kind of chemical “linen” placed in a cupboard called a Camera Obscura. Using the direct, negative monotype technique, I set out to make a series of continuous images using tiny flashes, each covering a different area of my models’ faces. During the process, I slightly moved or turned their heads before each new flash. I intended the final result to be a destructured recomposition of each face, a patchwork, a kind of focused motion.
I am haunted by these ghostly, negative portraits, so much more mystical than straightforward photographs, which insist on rendering everything banal.
A friend of mine recently berated me for having named this series as I did, as if my little images could never really have anything in common with things transcendent and sacred. Be that as it may, I am conscious of the base, material nature of my scraps of paper, but would my friend not admit that my photographic tinkerings are what save me from nothingness, just as his beliefs do him?

The name Veronica comes from Vera Icona which means “true image”. as if she only earned her name once she had accomplished her mission!

About 20 elements 40 x 40 cm. Direct, negative monotypes. Silver chlorobromide prints.